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Héritier de la tradition instaurée au début de la IIIe République, le Parlement français est bicaméral, comprenant deux chambres distinctes. Sous la Ve République, l'Assemblée nationale et le Sénat sont les deux assemblées du Parlement. Les deux assemblées siègent dans des locaux distincts : le Palais Bourbon est affecté à l'Assemblée nationale et le Palais du Luxembourg au Sénat. L'élection des deux assemblées Les deux assemblées sont élues au suffrage universel : tous les Français contribuent, par leur vote, à la désignation de leurs membres. Il y a 577 députés (dont 22 élus outre-mer) et 346 sénateurs (dont 15 élus outre-mer et 12 au titre des Français établis hors de France).
Rôles respectifs de l'Assemblée nationale et du Sénat L'Assemblée nationale et le Sénat participent aux deux missions constitutionnelles essentielles du Parlement : le vote de la loi et le contrôle de l'action du Gouvernement. Les deux assemblées exercent conjointement le pouvoir législatif. Dans ce cadre, elles examinent successivement les projets et propositions de loi transmis de l'une à l'autre jusqu'à ce que les textes soient adoptés dans les mêmes termes : c'est ce qu'on appelle la « navette ». Afin de limiter le nombre des lectures, le Gouvernement peut utiliser une procédure de conciliation entre les assemblées sous la forme d’une commission mixte paritaire. Il s’agit de renvoyer à une commission composée d’un nombre égal de membres des deux assemblées (sept titulaires et sept suppléants pour chacune d’elles) le soin de rechercher un accord sur les textes examinés par elles et de proposer -si possible- un texte commun pour les dispositions restant en discussion. Quand le Sénat et l’Assemblée nationale n’ont pu voter un texte conforme après deux lectures, ou une seule si le Gouvernement a déclaré l’urgence, le Premier ministre peut, en effet, " provoquer la réunion d’une commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion" (article 45, alinéa 4 de la Constitution). En cas d’accord sur le texte du projet ou de la proposition de loi restant en discussion, le Gouvernement peut décider de le soumettre aux deux assemblées. Si elles l’approuvent tour à tour avec, le cas échéant, des amendements -qui ne sont recevables qu’avec l’accord du Gouvernement-, le texte est définitivement adopté. Si, en revanche, la commission mixte n’a pu aboutir, ou si le texte commun n’a pas été adopté, la parenthèse de la commission mixte se ferme. La navette reprend, avec une lecture dans chaque assemblée. Après cette nouvelle lecture, le Gouvernement peut demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement en lui donnant le" dernier mot ". Les lois constitutionnelles et les lois organiques relatives au Sénat ne relèvent pas de la procédure de la commission mixte paritaire. Le contrôle de l'action du Gouvernement s'exerce, au sein de chaque assemblée, par des procédures comparables : débats sur des déclarations du Gouvernement, questions orales et questions écrites, création de commissions d'enquête, missions d'information réalisées par les commissions permanentes des deux assemblées, travaux réalisés par les délégations, créées en 1979, pour assurer le suivi des questions intéressant l'Union européenne. Cependant, la responsabilité politique du Gouvernement (c'est-à-dire la mise en cause de son existence) ne peut être engagée que devant l'Assemblée nationale, soit à l'occasion d'une déclaration de politique générale sur laquelle le Premier ministre demande un vote de confiance de l'Assemblée, soit à l'occasion du vote d'une motion de censure déposée par le dixième des membres de l'Assemblée. Les deux assemblées disposent d'instances communes d'évaluation, les offices parlementaires, composés à parité de députés et de sénateurs ; ce sont des organes d'expertise auxquels peut être confiée la réalisation d'études dans le domaine de l'évaluation des choix scientifiques et technologiques (depuis 1983), de l'évaluation de la législation (depuis 1996) ou de l'évaluation des politiques de santé (créé en 2002). Députés et sénateurs peuvent exceptionnellement siéger ensemble, en constituant le Congrès du Parlement. Sous la Ve République, le Congrès se réunit uniquement pour le vote définitif des projets de révision de la Constitution, lorsque le Président de la République décide de ne pas recourir au référendum. Dans ce cas, la révision de la Constitution est définitivement approuvée si elle réunit les trois cinquièmes des suffrages exprimés par les membres du Congrès. Celui-ci se réunit à Versailles, dans la salle des séances installée dans l'Aile du Midi du Château. La séance du Congrès est présidée par le Président de l'Assemblée nationale.
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