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le 18 octobre 1999
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 14 octobre 1999.
RAPPORT
FAIT
AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE LÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU PLAN (1) SUR LE PROJET DE loi de finances pour 2000 (n° 1805),
TOME I
PAR M. DIDIER MIGAUD
Rapporteur général,
Député
(1) La composition de cette commission figure au verso de la présente page.
Lois de finances.
M. Augustin Bonrepaux, président ; M. Didier Migaud, rapporteur général ; MM. Michel Bouvard, Jean-Pierre Brard, Yves Tavernier, vice-présidents, MM. Pierre Bourguignon, Jean-Jacques Jégou, Michel Suchod, secrétaires ; MM. Maurice Adevah-Poeuf, Philippe Auberger, François d'Aubert, Dominique Baert, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, François Baroin, Alain Barrau, Jacques Barrot, Christian Bergelin, Eric Besson, Alain Bocquet, Jean-Michel Boucheron, Mme Nicole Bricq, MM. Christian Cabal, Jérôme Cahuzac, Thierry Carcenac, Gilles Carrez, Henry Chabert, Didier Chouat, Alain Claeys, Charles de Courson, Christian Cuvilliez, Arthur Dehaine, Jean-Pierre Delalande, Francis Delattre, Yves Deniaud, Michel Destot, Patrick Devedjian, Laurent Dominati, Raymond Douyère, Tony Dreyfus, Jean-Louis Dumont, Daniel Feurtet, Pierre Forgues, Gérard Fuchs, Gilbert Gantier, Jean de Gaulle, Hervé Gaymard, Jacques Guyard, Pierre Hériaud, Edmond Hervé, Jacques Heuclin, Jean-Louis Idiart, Mme Anne-Marie Idrac, MM. Michel Inchauspé, Jean-Pierre Kucheida, Marc Laffineur, Jean-Marie Le Guen, Guy Lengagne, Maurice Ligot, François Loos, Alain Madelin, Mme Béatrice Marre, MM. Pierre Méhaignerie, Louis Mexandeau, Gilbert Mitterrand, Jean Rigal, Alain Rodet, Nicolas Sarkozy, Gérard Saumade, Philippe Séguin, Georges Tron, Philippe Vasseur, Jean Vila.
SOMMAIRE
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Pages
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PRÉSENTATION GÉNÉRALE 9
PREMIÈRE PARTIE : GARDER LE CAP POUR UNE CROISSANCE SOLIDAIRE 9
CHAPITRE PREMIER : DES CONDITIONS TOUJOURS FAVORABLES POUR LÉCONOMIE FRANÇAISE 13
A.- UN ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL FAVORABLE À LA CROISSANCE ET À UN RÉÉQUILIBRAGE AU PROFIT DES PAYS DE LA ZONE EURO, MALGRÉ QUELQUES ÉLÉMENTS DINCERTITUDE 13
1.- Lamélioration des perspectives de la croissance mondiale 14
2.- Léconomie américaine : un ralentissement probable, mais incertain quant à son moment et ses modalités 18
3.- Une reprise de lexpansion des pays de la zone euro, mais des conjonctures décalées en Allemagne et en Italie 22
4.- Une situation encore très difficile au Japon 28
5.- Le retour inégal de la croissance dans les pays émergents 30
B.- UN DOSAGE ÉQUILIBRÉ DES POLITIQUES BUDGÉTAIRE ET MONÉTAIRE 35
1.- Une poursuite de lassainissement financier qui ne doit pas contrarier la croissance 35
2.- Des perspectives dinflation modérées qui laissent espérer la poursuite dune politique monétaire accommodante 41
C.- LES BUDGETS ÉCONOMIQUES POUR 2000 47
1.- Un scénario international « peint de couleurs plus vives » 48
2.- La zone euro : une accélération confirmée 57
CHAPITRE II : UNE ÉCONOMIE PORTÉE PAR LE CERCLE VERTUEUX EMPLOI-REVENU-CONSOMMATION 67
A.- LA POLITIQUE DE LEMPLOI, UN ADJUVANT PUISSANT AU DYNAMISME DU MARCHÉ DU TRAVAIL 67
1.- La politique de lemploi : aspects quantitatifs et qualitatifs 69
2.- Lamélioration de la situation de lemploi et du chômage 86
B.- LES MÉNAGES RESTENT LE PIVOT DUN RETOUR DURABLE DE LA CROISSANCE 95
1.- Une consommation toujours bien orientée, malgré un léger tassement 96
2.- Une forte reprise de linvestissement des ménages 101
3.- Soutenir ce processus en allant plus loin dans lallégement des prélèvements pesant sur les ménages 102
C.- UNE OPPORTUNITÉ POUR FAIRE RECULER LES DÉSÉQUILIBRES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE 106
1.- Exclusion, précarité et Etat providence 107
2.- Lavenir des retraites 114
3.- Inégalités et territoires 121
CHAPITRE III : LA PÉRENNITÉ DE LA CROISSANCE : UN LIEN ÉTROIT AVEC LA VITALITÉ DE LOFFRE 135
A.- UN EXCÉDENT COURANT, SYMBOLISANT LEFFICACITÉ DE LAPPAREIL PRODUCTIF NATIONAL 135
1.- Des échanges extérieurs structurellement excédentaires 135
2.- Un infléchissement conjoncturel du solde commercial français 147
B.- LA « MAISON FRANCE » DANS LE « VILLAGE PLANÉTAIRE » : COMPÉTITIVITÉ ET ATTRACTIVITÉ 154
1.- La France sinscrit dans une économie mondiale globalisée 154
2.- La compétitivité et lattractivité sont les conditions dune insertion réussie dans léconomie mondiale 159
C.- UNE DYNAMIQUE DE LINVESTISSEMENT ET DE LINNOVATION ENCORE TROP HÉSITANTE 167
1.- Linvestissement des entreprises : ombres et lumières 168
2.- Le renforcement de la politique favorable à linnovation 172
D.- LE TISSU PRODUCTIF : DES ÉVOLUTIONS STRUCTURELLES DONT LES EFFETS CONTRASTÉS APPELLENT À LA VIGILANCE 175
1.- Un nombre croissant de fusions-acquisitions 175
2.- Les motivations diverses des fusions-acquisitions 177
3.- Un environnement favorable aux concentrations 179
4.- Des effets financiers, économiques et sociaux inégaux 180
DEUXIÈME PARTIE : LA GESTION DE LA DETTE DE LETAT DANS LE CONTEXTE NOUVEAU DE LUNION ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE 185
CHAPITRE PREMIER : LUNION MONÉTAIRE A BANALISÉ LES ÉMETTEURS SOUVERAINS DE LA ZONE EURO DANS UN MARCHÉ EUROPÉEN DES CAPITAUX QUASIMENT UNIFIÉ 193
A.- LAVÈNEMENT DE LEURO, POINT DORGUE DE LINTÉGRATION DES MARCHÉS EUROPÉENS DE CAPITAUX 195
1.- Une dynamique dintégration déjà ancienne 195
2.- Leuro, accélérateur de la recomposition du paysage financier en Europe 198
B.- UN CONTEXTE CONCURRENTIEL PLUS VIF ENTRE ÉMETTEURS SOUVERAINS, OÙ LA FRANCE ET LALLEMAGNE PRÉTENDENT TOUTES DEUX ASSUMER LE RÔLE D« ÉMETTEUR DE RÉFÉRENCE » 201
1.- Leuro ouvre une ère de concurrence accrue entre Etats émetteurs 202
2.- Signature française, signature allemande : léquivalence imparfaite 208
CHAPITRE II : LA QUALITÉ DE LA DETTE FRANÇAISE ET DE SA GESTION EST UNANIMEMENT RECONNUE ET APPRÉCIÉE DES MARCHÉS 217
A.- LA MODERNISATION DE LA DETTE DE LETAT, UNE ENTREPRISE RÉUSSIE 218
1.- Un ensemble performant doutils et de procédures 218
2.- Un modèle français vers lequel convergent les Etats de la zone euro 225
B.- LA LIQUIDITÉ DE LA DETTE DE LETAT, PIERRE DE TOUCHE DE LA COMPÉTITIVITÉ INTERNATIONALE DU TRÉSOR FRANÇAIS 231
1.- Un marché secondaire de la dette très liquide et très sûr 232
2.- La gestion active de la dette au service de la liquidité du marché 240
3.- La léthargie du Matif, handicap indolore pour les valeurs du Trésor ? 249
ANNEXE À LA DEUXIÈME PARTIE : CADRE LÉGAL, INSTITUTIONS COMPÉTENTES, INSTRUMENTS ET TECHNIQUES DE GESTION DE LA DETTE AUX ETATS-UNIS, EN RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DALLEMAGNE, AU JAPON ET AU ROYAUME-UNI 267
CONCLUSION 275
TRAVAUX DE LA COMMISSION 277
I.- AUDITION DE MM. DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, MINISTRE DE LÉCONOMIE, DES FINANCES ET DE LINDUSTRIE, ET CHRISTIAN SAUTTER, SECRÉTAIRE DETAT AU BUDGET 277
II.- AUDITION DE M. CHRISTIAN SAUTTER, SECRÉTAIRE DETAT AU BUDGET 291
PREMIÈRE PARTIE
GARDER LE CAP POUR UNE CROISSANCE SOLIDAIRE
Le projet de loi de finances pour 2000 sinscrit dans un contexte incontestablement favorable.
En dépit des incertitudes conjoncturelles de la fin de lannée 1998, liées aux turbulences ayant affecté léconomie mondiale, il apparaît que la stratégie économique définie au début de la législature a porté ses fruits. Cassée en 1995-1996 par une politique économique et fiscale brutale et inadaptée, la croissance semble désormais bien installée. Ainsi, la croissance française, qui était à la traîne par rapport à nos partenaires européens, est désormais plus forte que celle constatée dans la zone euro, devançant significativement les performances de lAllemagne et de lItalie.
Après la progression de 3,2% du PIB en 1998, lannée 1999 serait marquée, selon les prévisions du Gouvernement, par une croissance, encore ferme, de 2,3% (2,5% selon le FMI), un rebond étant attendu pour 2000, avec un taux compris entre 2,6% et 3%, le FMI retenant, pour sa part, le haut de cette « fourchette ».
Fidèle à sa tradition historique comme à ses engagements électoraux du printemps 1997, la gauche plurielle, autour du leitmotiv de la priorité à lemploi, a, en effet, défini une politique de croissance solidaire et mis en uvre les moyens de sa concrétisation.
Faisant le pari que loffre répondrait nécessairement aux stimulations de la demande, le Gouvernement a engagé une démarche qui place chaque français au cur de la croissance : stabilisant la part précédemment décroissante des revenus du travail dans la valeur ajoutée, assurant une progression réelle du pouvoir dachat des salaires, et particulièrement des plus modestes (+ 6% de pouvoir dachat en deux ans pour les « smicards »), offrant aux jeunes exclus de lemploi les voies dune entrée dans la vie active avec les emplois-jeunes, nous avons pu stimuler la consommation et la demande intérieure.
Nos entreprises ne sy sont pas trompées. Faisant fi dun catastrophisme convenu, elles ont saisi la chance que leur offraient la relance de la consommation et létablissement de la confiance, si bien que linvestissement et lemploi sont au rendez-vous.
Le taux de chômage a ainsi significativement diminué en deux ans ( 1,4 point), même si lon ne peut se satisfaire dune situation où lon compte encore 2,8 millions de chômeurs, tandis que linvestissement des entreprises, « arlésienne » du début de la décennie, sest inscrit en hausse de plus de 6% en 1998.
Quelques éléments dincertitude ou dinsatisfaction demeurent.
Il est certain que l« atterrissage » longtemps annoncé de léconomie américaine, marquée par un décalage croissant entre léconomie réelle et la « sphère financière », pourrait affecter le dynamisme de léconomie française, dont lenvironnement européen nest dailleurs pas non plus sans zone dombre, avec notamment le ralentissement allemand.
Des impatiences se font également jour concernant la réduction des déficits publics et des prélèvements obligatoires.
Il faut, à cet égard, être lucides et vigilants.
Dabord, votre Rapporteur général relèvera que ceux qui, de 1993 à 1996, nont pu réduire les déficits que de 1,8 point de PIB, et ce malgré un alourdissement de 1,9 point des prélèvements obligatoires, sont et ils le savent disqualifiés pour émettre des critiques sur ce point.
Il faut aussi mesurer objectivement lacquis. Nul ne saurait contester que, depuis la mi-1997(), les déficits publics auront été réduits de 1,7 point de PIB, soit un effort plus significatif que celui réalisé, en moyenne, par nos partenaires de la zone euro (- 0,8 point). Leffort devra naturellement se poursuivre. De même, lannée 2000, après deux décennies de croissance continue de la charge de la dette, verra sinverser la spirale de la dette : le poids de celle-ci dans le PIB, dailleurs resté très inférieur à ce quil était chez nos principaux partenaires y compris ceux réputés les plus vertueux , va enfin commencer à décroître.
Sagissant des prélèvements obligatoires, il est vrai quaprès la forte progression enregistrée sous la précédente législature, ils se maintiennent à un niveau très largement jugé excessif.
Il ne faut cependant pas oublier que, sous le vocable abstrait de prélèvements obligatoires, on trouve la contrepartie des prestations offertes aux citoyens par la « puissance publique » : sécurité, équipements, éducation, santé, etc
Cette nécessaire mise au point ne doit toutefois pas occulter la réalité dun prélèvement global qui excède la moyenne de ce qui est prélevé dans les pays comparables au nôtre.
Globalement, le projet de loi de finances pour 2000 garde le cap défini en début de législature, celui dune croissance solidaire, avec, dans les arbitrages, les inflexions que lévolution économique et budgétaire rendent possibles.
Pour 1999, les « fruits de la croissance », cest-à-dire les marges budgétaires, avaient, grosso modo, été répartis en trois tiers : financement des priorités de la Nation, avec une progression de 1% en volume de dépenses, réduction du déficit budgétaire et baisses dimpôts.
Pour 2000, la répartition sera différente : dans un contexte qui nappelle a priori pas de soutien conjoncturel, les économies sur le service de la dette, ainsi que les efforts de redéploiement et de gestion, permettent de stabiliser la dépense en volume (+0,9% en valeur, soit le même rythme que les prix), tout en assurant une nouvelle fois une réelle progression des moyens consacrés au financement des priorités définies lan passé : emploi et solidarité, éducation, justice et sécurité, environnement, culture.
Les marges quautorise cet effort pour contenir globalement la dépense sont consacrées aux baisses dimpôts, qui, avec près dune quarantaine de milliards de francs, soit les deux tiers des marges budgétaires, devraient permettre de tenir lobjectif dune indispensable décrue des prélèvements obligatoires. Votre Rapporteur général, qui a beaucoup milité en faveur de cette mesure, se réjouit que le Gouvernement ait pu lever le verrou communautaire et retenir la baisse de la TVA sur les travaux dans le logement : avec un coût de près de 20 milliards, cette mesure concrétise de façon massive et lisible lengagement pris devant le pays de réduire les prélèvements indirects.
Enfin, comme lan passé, 21,2 milliards de francs, soit le tiers des marges disponibles, sont consacrés à la réduction du déficit budgétaire : sa diminution, qui devrait, en 2000, représenter 0,3 point de PIB, avec un besoin de financement de lEtat de 2,4%, contribuera largement à la baisse du besoin de financement de lensemble des administrations publiques (1,8%, en diminution de 0,4 point de PIB) ().
Il apparaît ainsi que les choix opérés, raisonnables et équilibrés, sont de nature à conforter le « cercle vertueux » à luvre depuis maintenant deux ans : la croissance retrouvée, recentrée sur les composantes internes de la demande, permet enfin dengager la résorption du chômage ; cette amélioration de la situation de lemploi génère des revenus soutenant la consommation, qui elle-même alimente linvestissement.
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* *
CHAPITRE PREMIER
DES CONDITIONS TOUJOURS FAVORABLES
POUR LÉCONOMIE FRANÇAISE
Il en va de même du dosage actuel des politiques budgétaire et monétaire dans la zone euro.
Aussi les budgets économiques de la Nation peuvent-ils présenter une vision sereine des perspectives pour lan 2000.
A.- UN ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL FAVORABLE À LA CROISSANCE ET À UN RÉÉQUILIBRAGE AU PROFIT DES PAYS DE LA ZONE EURO, MALGRÉ QUELQUES ÉLÉMENTS DINCERTITUDE
Les crises financières qui se sont succédé depuis 1997, dabord en Asie du Sud-Est, puis en Russie, et, en janvier dernier, au Brésil, ont obscurci les perspectives de développement de léconomie mondiale. Elles nont cependant pas eu les conséquences dépressives que certains avaient pu craindre.
Ainsi, lactivité productive na été profondément perturbée que dans les seules économies émergentes des trois zones géographiques concernées, le Sud-Est asiatique, lEurope orientale et lAmérique latine. Ailleurs, si lon excepte le cas du Japon, très spécifique, seule la sphère financière a été affectée, et uniquement de manière temporaire. Dans lensemble des Etats européens, la croissance a seulement été moindre que prévu et, dans les pays, tels que lAllemagne, qui ont connu une récession, celle-ci a été temporaire et limitée. Pour les pays de lUnion européenne, lexpression de « trou dair » retenue par le ministre français de léconomie, des finances et de lindustrie, M. Dominique Strauss-Kahn, au début du printemps, était ainsi particulièrement adaptée.
Les perpectives de croissance pour le deuxième semestre de lannée 1999 et pour lannée 2000 sont donc satisfaisantes et permettent danticiper un rééquilibrage de la croissance mondiale au profit de lEurope.
Cependant, il subsiste encore quelques éléments dincertitude.
Certains semblent susceptibles de navoir que des conséquences très limitées et de naffecter que modérément la croissance des pays industrialisés : lendettement de quelques pays dAmérique latine et les suites de la crise brésilienne, les aléas susceptibles daffecter la situation de la Russie et un ralentissement de léconomie chinoise saccompagnant dune dévaluation du yuan-renmimbi et du dollar de Hong Kong.
En revanche, lévolution économique des Etats-Unis est susceptible davoir des conséquences importantes sur la croissance mondiale. Selon la majorité des économistes, léconomie américaine devrait connaître une phase de ralentissement après plusieurs années dune croissance vigoureuse et dune durée particulièrement exceptionnelle. Une décélération en douceur ne provoquerait pas de difficulté. En revanche, un scénario plus brutal saccompagnant dune brusque correction des cours boursiers, souvent jugés surévalués, serait susceptible de provoquer des perturbations plus importantes.
1.- Lamélioration des perspectives de la croissance mondiale
a) Une gestion satisfaisante de la crise russe et de la crise financière de lété et de lautomne 1998
« Le calme et la confiance sont revenus sur les marchés mondiaux ». La première phrase de la première partie des « Perspectives économiques de lOCDE », publiées en juin dernier (n° 65), prend acte du fait que la crise russe et la crise financière qui a suivi ont été convenablement gérées, permettant ainsi de déjouer les prévisions les plus pessimistes, lesquelles nétaient pourtant pas infondées.
Diverses initiatives ont permis de rassurer lensemble des marchés sur la possibilité déviter des conséquences en chaîne de leffondrement de certains dentre eux : les interventions du Fonds monétaire international (FMI) et des autorités monétaires nationales ; lassouplissement de la politique monétaire américaine, à linitiative de la Réserve fédérale ; la réduction des taux dintérêt dans la plupart des pays de lOCDE, qui a permis une forte expansion du crédit ; le renflouement par des établissements privés, sous limpulsion des autorités monétaires américaines, dun fonds darbitrage, le LTCM (LongTerm Capital Management), qui était presque en cessation de paiement.
Pour endiguer la crise des pays émergents, le FMI a accordé, au cours de lexercice 1998/1999, une enveloppe de 38,4 milliards de dollars de crédits, sur lesquels 30 milliards ont été décaissés. A la fin du mois davril 1999, le total des encours était de 90,8 milliards de dollars contre 75,4 milliards de dollars un an plus tôt. Les engagements les plus élevés ont été pris en faveur du Brésil (17,6 milliards de dollars), de lIndonésie (8,6 milliards de dollars) et de la Russie (11,5 milliards de dollars).
Par ailleurs, les marchés boursiers se sont redressés et sont restés bien orientés au cours du premier semestre de lannée 1999, tout risque systémique susceptible de conduire à une déflation généralisée ayant été considéré comme écarté.
Dans ce contexte, la crise brésilienne, en janvier 1999, avec la dépréciation de 45% du real par rapport au dollar, a eu des effets très limités. Il est vrai que les mesures de soutien préventivement arrêtées par le FMI en faveur du Brésil, dès novembre 1998, ont eu un effet de retardement très précieux et ont permis aux institutions financières de procéder à un désengagement visàvis du risque des pays émergents.
De même, ainsi que le note lOCDE, la crise au Kosovo na pas bouleversé les marchés financiers mondiaux. Ses conséquences économiques, pour dramatiques quelles soient, à des degrés divers, pour les populations concernées, sont donc limitées aux seuls pays voisins.
b) Un commerce mondial à nouveau bien orienté
Après plusieurs années de forte croissance, avec une augmentation moyenne de 7% sur la période 19851996, le dynamisme du commerce mondial a été affecté par la crise asiatique.
Le taux de croissance des échanges de marchandises en volume, mesurés par la moyenne arithmétique des importations et exportations mondiales, qui sétablissait à +10% en 1997, a ainsi chuté à +4,5% en 1998. Ce ralentissement sexplique dabord par la récession au Japon et dans les principaux pays émergents dAsie, dont les importations représentent le quart des importations mondiales de marchandises. Le volume de ces dernières a, en effet, diminué de 8,5% en 1998. Il provient également de la réduction des recettes dexportation des régions productrices de matières premières. Il devrait encore être sensible cette année, puisque la progression de lindicateur précité devrait sétablir à 3,9%, selon les prévisions de lOCDE et à 3,2% selon le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances. Aux phénomènes déjà évoqués, il faut en effet ajouter la réduction des importations des pays dAmérique latine et de la demande intérieure provenant dAmérique du Nord et dEurope, qui nont pas été totalement compensées par le début de reprise en Asie.
Pour 2000, le taux de croissance du commerce mondial devrait sétablir à un niveau supérieur, de 5,6% selon lOCDE et de 5,8% selon le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances, traduisant une réorientation favorable des courants déchanges internationaux. Pour lessentiel, cette évolution serait la conséquence de la poursuite de la reprise des importations des seules économies émergentes dAsie du SudEst, la situation encore passablement dégradée en Russie et au Brésil faisant que les régions concernées resteraient à lécart de ce mouvement de reprise.
c) Un marché des matières premières toujours déprimé, à lexception du pétrole et de certaines matières premières spécifiques
Au cours de lannée 1998, les prix des matières premières ont fortement chuté sous leffet tant dun gonflement de loffre que dune réduction des importations des pays émergents dAsie. Selon Rexecode, lindice densemble des matières premières (), exprimé en dollars, a diminué de 25% en 1998.
Ce mouvement a été particulièrement sensible dans le cas du pétrole, dont le prix a baissé de 50% par rapport à 1997, le cours du baril de brent (qualité de référence de la Mer du Nord) chutant à 11 dollars à la fin de lannée dernière, cours quil a dailleurs conservé au premier trimestre de cette année. En moyenne annuelle, la chute des cours est moins spectaculaire, certes, mais tout aussi significative : pour cette même référence, le cours moyen sest établi à 13 dollars en 1998 contre 19 dollars en 1997.
Une même évolution a également affecté les autres matières premières, notamment le cuivre. Seuls les cours des métaux précieux (or, platine, argent), également orientés à la baisse, ont mieux résisté.
Pour lannée 1999, on observe une remontée des cours du pétrole, alors que les autres marchés des matières premières demeurent déprimés, à lexception de quelques matières spécifiques qui font lobjet de mouvements spéculatifs, comme lalumine.
Le cours du baril de brent sur la place de Londres est, en effet, remonté au-dessus de 20 dollars depuis le début de lété et continue à croître. Il était de 23 dollars le 13 septembre dernier. Il faut y voir la conséquence de laccord de réduction de la production conclu le 23 mars 1999 entre lOPEP et certains autres grands pays producteurs. Contrairement aux accords précédents, celuici a acquis rapidement une certaine crédibilité compte tenu de la normalisation des relations entre lIran et lArabie saoudite ainsi que dun changement de gouvernement au Venezuela. En outre, la demande savère cette année plus dynamique que lan passé, grâce à une reprise de la demande dans les pays de lOCDE après une période de stagnation de la consommation. Lampleur de la remontée des prix semble cependant devoir être limitée, à terme, en raison de limportance des stocks mondiaux et du comportement de certains producteurs qui risquent de ne pas respecter laccord précité dès lors que les cours auraient atteint un niveau jugé suffisant pour assurer la stabilité de leurs ressources sans pour autant provoquer la mise en exploitation de gisements supplémentaires. Le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances retient l'hypothèse dune stabilisation des cours autour de 18 dollars le baril.
Sagissant des autres matières premières, lOCDE envisage, dans ses Perspectives économiques de juin dernier, une baisse de 10% pour cette année, dans lensemble, suivie dune stabilisation des prix en 2000.
d) Des perspectives de croissance certaines
Selon lOCDE, léconomie mondiale, dont la croissance ne sest établie quà 2,3% en 1998, contre 4% en 1996 et 1997, ne donnerait des signes de reprise que très modestes cette année, avec une progression de 2,5% de la production. Cependant, la reprise serait plus ferme en 2000 et la croissance sétablirait à 2,9%.
Le FMI anticipe également une amélioration du climat économique densemble, dès cette année, et une reprise de la croissance mondiale en 2000, avec des taux de progression de 3% pour 1999 et de 3,5% en 2000, selon les estimations rendues publiques en septembre 1999. On ne manquera pas dobserver que linstitution fait preuve dun plus grand optimisme quen avril, puisque chacune de ces deux perspectives a été réévaluée, celles-ci étaient respectivement, au printemps, dune croissance de +2,3% pour cette année et de +3,3% pour lannée prochaine.
Cette accélération serait principalement due à un retour de la croissance dans les pays émergents dAsie et dEurope centrale, ainsi quau dynamisme des économies des pays de lUnion européenne. En revanche, léconomie du Japon resterait, dans lensemble, atone, la stagnation actuelle se poursuivant en 2000 malgré le rebond du premier trimestre et la stabilisation du deuxième trimestre.
La principale incertitude est celle affectant la croissance des Etats-Unis, dont la durée et la vigueur exceptionnelles ne cessent détonner, et sur lissue de laquelle les experts divergent sensiblement.
On observera que le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances retient lhypothèse dun simple rééquilibrage, avec une croissance mondiale de 2,8% en 1999 et de 2,9% en 2000.
2.- Léconomie américaine : un ralentissement probable, mais incertain quant à son moment et ses modalités
Selon les termes de lagence financière de lambassade de France à Washington (), depuis presque trois ans maintenant, léconomie américaine « défie les lois de la pesanteur ». Lactuel cycle de croissance, qui a débuté au printemps de lannée 1991, savère dune durée particulièrement longue et dun dynamisme remarquable, avec un taux dexpansion denviron 4 % lan, en moyenne.
Ce cycle a permis la résorption du chômage, lequel sest établi à 4,3% en août, niveau inconnu depuis 1970, et sest accompagné dun assainissement des finances fédérales, caractérisées par un excédent de 0,8% du PIB en 1998 qui contraste avec le déficit de 4,7 % du PIB de lexercice 1992. On observera quil ne sest pas accompagné dun regain dinflation, celleci ayant même régulièrement diminué, puisquelle sétablit actuellement à 1,5%, contre 5% en 1991.
La vivacité de la demande intérieure sur une période aussi longue étant jugée insoutenable, la très grande majorité des observateurs annonce chaque année, depuis 1997, un ralentissement et un retour à une croissance plus sobre, de lordre de 2% à 2,5% par an. On observera cependant que, dans un contexte de modération salariale, la vigueur de la consommation sexplique en grande partie par les effets de richesse provenant de la faible augmentation des prix et de la progression continue des valeurs boursières, largement diffusées au sein de limportante classe moyenne américaine.
Ce ralentissement annoncé, qui ne sest pas encore produit, est au cur du débat économique.
Dun coté, certains économistes considèrent que cette anticipation est erronée et que léconomie américaine devrait rester sur un sentier de croissance dynamique. Lexplication la plus étayée est celle des tenants de la « nouvelle économie » ou du « nouvel âge » selon lesquels les effets combinés de la globalisation, du développement du commerce international, qui représente le quart de léconomie mondiale, et du développement de linformatique, qui a accru la capacité déchange dinformation et entraîné la construction dune économie de réseaux autour dInternet, ont engendré un nouveau système économique. Cette nouvelle économie serait caractérisée par labsence dinflation, excluant ainsi toute tension sur les taux dintérêt susceptible de provoquer une baisse du marché boursier et daffecter le rythme des investissements. Labsence de tension sur les prix est expliquée par deux facteurs : dune part, la fluidité du marché du travail, laquelle a, jusquà présent, empêché le développement des revendications salariales malgré le plein emploi et provoque une réduction du niveau du taux de chômage non accélérateur de linflation, ou NAIRU () ; dautre part, la mondialisation de la concurrence, les entreprises étant contraintes daccroître leur productivité et dinnover pour maintenir ou augmenter leur profitabilité, puisquelles ne peuvent plus librement augmenter leurs prix comme elles le feraient sur un marché protégé.
Dans sa version la plus hardie, la thèse de la nouvelle économie est couplée avec lhypothèse de la fin des cycles économiques et accrédite le pronostic dune croissance stable et durable jusquen 2020. Selon les tenants de cette théorie de la « fin des cycles », le recentrage de lactivité sur les services, secteurs que labsence de stocks et la plus grande stabilité de la demande mettent à labri des aléas, lamélioration de la gestion des entreprises, notamment ladoption de la technique des flux tendus, qui réduit les risques de surproduction, louverture des économies sur lextérieur et le développement de la consommation dans les pays émergents, devraient supprimer les fluctuations et permettre ainsi une expansion importante et durable.
Certes, la thèse de la « nouvelle économie » a le mérite de tenter dexpliquer les performances étonnantes de léconomie américaine, mais force est dadmettre que ses détracteurs nont pas nécessairement tort quand ils avancent quil pourrait sagir dune explication de circonstance et non dun véritable corpus théorique dûment éprouvé.
Les économistes qui considèrent, au contraire, que léconomie américaine devrait faire lobjet dun ralentissement constatent que cinq facteurs, dont les effets des trois premiers sont déjà perceptibles, devraient entraîner une atténuation du rythme de croissance :
restées très dynamiques jusquau premier semestre 1999, la consommation privée et la construction de logements, qui a été favorisée par la détente des taux dintérêt, devraient connaître un certain ralentissement ;
linvestissement des entreprises, qui est resté très soutenu en 1998, grâce à léquipement informatique (+ 65% en volume), et a contribué à la croissance dun tiers du PIB, devrait revenir à un taux de croissance plus modéré, compte tenu du fait que linvestissement hors informatique diminue depuis 1997, en raison de la baisse des profits des entreprises, de la remontée des taux dintérêt et de labsence de tension sur les capacités de production ;
le redressement de linflation devrait entraîner une modération de la progression du pouvoir dachat des ménages en termes réels ;
la réorientation, dans un sens restrictif, du dosage des politiques budgétaire et monétaire, la parenthèse de lassouplissement monétaire décidé à lautomne dernier pour juguler les effets négatifs de la crise russe et de la crise financière qui lui a fait suite étant refermée, après la décision du comité monétaire de la Réserve fédérale de relever dun quart de point ses taux directeurs (), le 24 août dernier ;
larrêt de la progression des valeurs boursières, qui devrait intervenir ne serait-ce quen raison de la remontée des taux longs et de la baisse des perspectives de profit des sociétés américaines.
En revanche, en sinversant, leffet contracyclique de la demande extérieure pourrait jouer un rôle stabilisateur, grâce à une amélioration des exportations, en raison notamment de la diminution des difficultés des pays émergents dAmérique latine et de la reprise en Asie. A linverse, le solde extérieur avait contribué négativement à la croissance ces dernières années. Par ailleurs, le ralentissement de la demande intérieure devrait peser sur les importations, sans que la contribution du commerce extérieur à la croissance ne redevienne positive pour autant.
Les tenants dun ralentissement de léconomie américaine divergent quant aux modalités et à lampleur de ce phénomène. Deux hypothèses sont en effet envisageables : celle dune modération progressive du rythme de croissance ou « atterrissage en douceur » ; celle dun retournement brutal de la conjoncture.
Cette différence dappréciation repose en fait sur la manière dont on anticipe lévolution boursière américaine.
Si le niveau des valeurs boursières reste stable ou subit une correction modeste, lhypothèse de latterrissage en douceur devrait se réaliser.
En revanche, en cas de forte correction, deux éléments pourraient provoquer une diminution sévère de lactivité : la réduction des projets dinvestissements des entreprises, en raison de laccroissement de la rentabilité exigée par les actionnaires ; la baisse de la consommation, en raison de la fin de l« effet de richesse » conduisant les ménages à reconstituer leur épargne ou à financer dans des conditions beaucoup plus délicates le remboursement des importants crédits quils ont contractés ces dernières années. On rappellera que lendettement des ménages et des entreprises représente environ 140% du PIB total. Ceux qui penchent pour lhypothèse dune forte correction des cours boursiers ne manquent pas darguments, car ils observent que lappréciation des cours depuis lautomne dernier est contradictoire avec la tendance haussière des taux dintérêt à long terme et que les perspectives de dividendes pourraient justifier un ajustement de près de 30%. Dans une perspective à plus long terme, il faut également mentionner que, selon lOFCE, le PIB américain a cru en valeur de 5% lan depuis 1991, les profits des entreprises de 10% et le cours des actions de 17%, chaque année. Il faut néanmoins relever que les comportements dinvestissement boursier ne sont pas toujours strictement attachés au respect de ces critères rationnels.
Enfin, il ne faut pas totalement exclure lhypothèse dune augmentation des principales valeurs boursières, ce qui retarderait à la fin de lannée 2000 ou même à 2001 la correction annoncée.
Sil est aussi difficile de prévoir avec exactitude ce que sera lévolution de léconomie américaine dans les prochaines semaines et dans les prochains mois, on observera cependant que les principales analyses retiennent la thèse de latterrissage en douceur. En septembre 1999, le FMI a dailleurs prévu, pour léconomie américaine, une croissance de 3,7% pour 1999 et de 2,6% pour 2000. Dans les Perspectives économiques publiées en juin dernier, lOCDE a été moins optimiste avec respectivement 3,6% et 2%, soit un ralentissement plus sévère.
Le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour 2000 retient une hypothèse similaire, avec un rythme de croissance divisé par deux à partir de la fin de lannée 1999. Compte tenu de lacquis des trois premiers trimestres, la croissance du PIB devrait être de 3,8% en 1999. Elle devrait revenir à 2,1% en 2000.
En pratique, lavenir immédiat de léconomie américaine dépend de la manière dont sera conduite par la FED, et perçue par les marchés, la remontée des taux dintérêt, qui paraît probable, ne serait-ce que pour éviter que laugmentation du crédit ne gonfle artificiellement les achats dactifs financiers et nalimente encore plus ce que lon peut appeler une « inflation financière ».
3.- Une reprise de lexpansion des pays de la zone euro, mais des conjonctures décalées en Allemagne et en Italie
Dans lensemble, au-delà de certaines spécificités conjoncturelles dont les plus notables concernent le Royaume-Uni, les pays de lUnion européenne ont progressivement renoué, depuis 1997, avec la croissance, et ce dune manière dautant plus remarquable que les contraintes nécessaires à la transition vers la troisième phase de lUnion économique et monétaire et à la réussite du processus de convergence étaient peu favorables, à court terme, à la croissance.
Linflation a été maîtrisée, les situations budgétaires ont été assainies, les taux dintérêt nominaux et réels, très élevés au début de la décennie, ont été considérablement réduits, les hausses de salaires ont été modérées dans le cadre dun recul des anticipations inflationnistes.
Dabord imputable à la demande extérieure, en raison du dynamisme du commerce mondial de lépoque et de la compétitivité des exportateurs communautaires, cette reprise a ensuite été étayée par la hausse de la demande intérieure (consommation et investissement), grâce à la décrue des taux dintérêt, à la hausse du revenu disponible et à un retour de la confiance. Cependant, les effets conjugués de la crise asiatique intervenue au deuxième semestre de lannée 1997, dont on peut estimer quelle sest traduite par une perte de croissance dun demi point, puis de la crise russe en 1998, ont entraîné un ralentissement économique.
Dans la zone euro (), la croissance est passée, en rythme annualisé, de 2,5% au premier semestre 1998 à un rythme proche de 1% au cours du quatrième semestre 1998 et du premier trimestre 1999.
Il ne sagit cependant pas dun ralentissement durable, mais, comme on la vu, dun « trou dair » conjoncturel. Dune durée variable selon les pays, il est surtout marqué au deuxième semestre de 1998 et au premier semestre de 1999. Le deuxième semestre de 1999 et lannée 2000 devraient être caractérisés par un retour général à la tendance antérieure dune accélération de la croissance.
Si le ralentissement industriel a été important, la production passant, en valeur annualisée, dun rythme de + 6% lan au début de lannée 1998 à + 1,2% en 1999, essentiellement en raison de la restriction des débouchés extérieurs, le scénario que lon avait pu craindre dune contagion aux autres secteurs par le biais dune réduction de lemploi, de laffaiblissement de la confiance des ménages et dune baisse de la consommation, ne sest pas réalisé. En outre, ce ralentissement est concentré sur la fin de lannée 1998 et le début de lannée 1999.
La demande interne sest, en effet, bien comportée. La consommation a bénéficié de lattrait des nouvelles technologies et la construction de la baisse des taux dintérêt, qui a amélioré les conditions de financement. On observe également que le taux de chômage a diminué de 11,3% à 10,3% entre le début de lannée 1998 et le mois de mai 1999, en partie en raison des mesures ciblées pour lemploi en France et en Allemagne et de la perspective des 35 heures dans notre pays, ainsi que des créations demplois notamment dans les services, en France, en Italie et en Espagne.
Parmi les autres facteurs qui ont facilité le maintien du potentiel de croissance des pays de la zone, il faut dabord observer que la mise en uvre, au 1er janvier 1999, de la monnaie unique a placé les différentes économies à labri déventuelles tensions sur les taux de change et a définitivement clarifié les perspectives dinvestissement et daccroissement des échanges mutuels.
La politique monétaire a également été favorable. La Banque centrale européenne a procédé, le 8 avril dernier, à un assouplissement monétaire favorisant la croissance des principaux Etats, lAllemagne, la France et lItalie, même si cet assouplissement a pu être regretté par les pays bénéficiant dune conjoncture plus dynamique, parmi lesquels lIrlande et lEspagne. Enfin, la dépréciation de leuro par rapport au dollar tout au long du premier semestre a indéniablement favorisé le maintien de la compétitivité externe.
En conséquence, en labsence de facteur exogène venant perturber cette évolution, cest une nouvelle accélération de la croissance qui est attendue pour la zone euro, avec, selon le FMI un taux de 2,1% pour cette année et de 2,8% en 2000.
Selon les Perspectives économiques publiées par lOCDE en juin dernier, la croissance devrait être également de 2,1% cette année, chiffre assez faible en raison du « trou dair » des premiers mois, et de 2,6% lannée prochaine. La consommation des ménages devrait rester relativement soutenue, progressant de 2,7% en 1999 et de 2,6% en 2000. Après une phase de ralentissement en 1998, puisque leur progression a été de 4,4% seulement en 1998 contre 11,1% en 1997, les exportations devraient retrouver leur dynamisme antérieur, avec une progression de 5,3% en 2000, en raison de lamélioration de lenvironnement international, après une croissance plus modeste de 3% en 1999. Le faible niveau des taux dintérêt, lamélioration de lactivité industrielle, le dynamisme des demandes interne et externe devraient soutenir linvestissement, qui devrait ainsi rester assez dynamique, malgré un tassement conjoncturel cette année, avec une croissance de la formation brute de capital fixe (FBCF) de 3,1% en 1999 et 4% en 2000.
Le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances retient, pour la zone euro, lhypothèse dune croissance de 2% en 1999 et 2,7% en 2000, lactivité connaissant un rebond dès le second semestre de 1999.
Dans leur communiqué du 9 septembre dernier, les dirigeants de la Banque centrale européenne ont montré quils partageaient cet optimisme. Pour justifier le maintien à 2,5% du taux dintérêt des opérations principales de refinancement, ainsi que la stabilité des deux autres taux dintervention, la facilité de prêt marginal (3,5%) et celle de dépôt (1,5%), le président de la banque, M. Wim Duisenberg, a rappelé quil estimait que la croissance devrait être, cette année, supérieure aux prévisions établies en avril (2% pour 1999 et 2,25% à 2,5% pour 2000).
Le ralentissement économique constaté na pas eu des conséquences uniformes sur lensemble des pays de la zone et a mis en évidence des divergences conjoncturelles. Lactivité est restée assez soutenue en France, aux PaysBas et en Espagne. A lopposé, lAllemagne et surtout lItalie et la Belgique ont connu une récession au dernier trimestre de 1998.
Le tableau suivant mesure limportance de lécart conjoncturel des cinq principaux pays de la zone euro, la France exceptée.
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CROISSANCE DU PIB DANS LES PRINCIPAUX PAYS DE LA ZONE EURO
(en %)
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Taux de croissance
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1997
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1998
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1999
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98-1
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98-2
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98-3
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98-4
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99-1
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99-2
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99-3
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99-4
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Zone euro à 5 pays
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2,2
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2,4
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1,8
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0,6
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0,5
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0,5
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0,0
|
0,4
|
0,5
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0,7
|
0,7
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Allemagne
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1,8
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2,3
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1,5
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1,0
|
0,0
|
0,4
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- 0,1
|
0,4
|
0,4
|
0,7
|
0,7
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Italie
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1,4
|
1,4
|
1,3
|
- 0,2
|
0,8
|
0,5
|
- 0,3
|
0,1
|
0,4
|
0,6
|
0,7
|
Espagne
|
3,5
|
3,8
|
3,4
|
0,9
|
1,0
|
0,9
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0,7
|
0,7
|
0,9
|
1,0
|
0,9
|
Pays-Bas
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3,6
|
3,8
|
2,8
|
0,9
|
0,7
|
0,5
|
1,1
|
0,6
|
0,6
|
0,7
|
0,7
|
Belgique
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3,2
|
2,9
|
1,7
|
0,0
|
1,7
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0,0
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- 0,4
|
0,4
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0,6
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0,7
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0,7
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Source : Direction de la prévision, Note de conjoncture internationale, juin 1999.
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Ce décalage conjoncturel affecte donc deux des trois principaux Etats de la zone euro : lAllemagne et lItalie.
LAllemagne, supporte les conséquences dun plus grand degré dexposition au risque des pays émergents, compte tenu de limportance de ses relations avec les pays dEurope centrale et orientale et avec la Russie.
Etablies en mai dernier, les prévisions de la direction de la prévision publiées dans le cadre de la note de conjoncture internationale de juin considéraient que le « trou dair » ne concernait que le seul quatrième trimestre 1998, avec une récession de 0,1% et que le léger rebond dactivité enregistré au premier trimestre 1999, avec une croissance de 0,4%, devait être confirmé au deuxième trimestre. A lappui de cette analyse, il était constaté que la consommation privée, qui sest maintenue pendant le « trou dair » avec une croissance de 0,5% au dernier trimestre 1998, et les exportations, soutenues par la reprise du commerce mondial et lamélioration de la compétitivité, viendraient accélérer la croissance. Il était relevé que limpact des finances publiques serait neutre et que les conditions monétaires resteraient accommodantes, du fait de leur composante de change, notamment. LOCDE partageait cette analyse.
Ce scénario ne sest pas concrétisé. La croissance attendue au deuxième trimestre de cette année, estimée à 0,2% ou 0,4% selon les sources, ne sest pas réalisée. On a, au contraire, enregistré une stagnation, qui sexplique essentiellement par un recul de la consommation de 0,5%, après une progression de 0,7% au premier trimestre (chiffre révisé) et par une augmentation des importations, qui a ainsi réduit la contribution du solde extérieur au dynamisme de lactivité. Simultanément, les autres postes ont évolué faiblement : les dépenses publiques ont diminué de 0,4% et la construction de 1,9% ; linvestissement des entreprises na crû que de 0,4%.
On ne peut pas exclure pour autant que la prévision de croissance généralement retenue par les experts pour 1999, autour de 1,5% (1,6% pour le Gouvernement et 1,7% pour lOCDE), soit hors de portée si une reprise saffirme au deuxième semestre. Néanmoins, il est prématuré dattribuer la contre-performance du deuxième trimestre à une simple prolongation des conséquences du « trou dair » ou, ainsi que lavait noté lOCDE, au climat dincertitude relatif à la politique fiscale et aux orientations des réformes structurelles. Dans cette deuxième hypothèse, la perspective de croissance pour 2000, de 2,3% pour le PIB et de 3,5% pour la production industrielle, selon lOCDE, pécherait par optimisme.
Les prévisions du rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances sont prudentes pour cette année (+ 1,3%), mais plus optimistes pour 2000 (+ 2,4%).
En ce qui concerne lItalie, on avance, pour expliquer la sensibilité de son économie à la crise asiatique, la fragilité de la position concurrentielle de lappareil productif, ainsi que lorientation géographique et sectorielle du pays, très présent dans les secteurs où les économies émergentes disposent davantages de compétitivité importants. Le secteur du textilehabillement est le plus souvent cité.
La crise conjoncturelle du dernier trimestre 1998, avec une récession de 0,3%, et du premier trimestre 1999, lequel a été marqué par une stagnation, le PIB ayant augmenté de 0,1% seulement, a été dautant plus sévère que léconomie était très peu dynamique depuis de nombreuses années, en raison des contraintes liées à la perspective de leuro, avec une croissance réduite, de 0,9% en 1996, 1,5% en 1997 et 1,4% en 1998.
Même si lactivité devait progresser au deuxième semestre, la croissance devrait rester modeste et sétablir à 1,4% cette année, la demande restant déprimée. La demande extérieure, notamment en provenance des autres pays dEurope, sest réduite en raison de la crise asiatique et de la réduction de la demande des pays européens dont la croissance a été moindre que prévu. En outre, lOCDE observe que la faiblesse de laugmentation de la productivité entraîne une élévation des coûts unitaires de main duvre. A lopposé, la réduction des taux dintérêt liée à la mise en place de leuro et lassouplissement de la politique budgétaire, lobjectif dun déficit des administrations publiques égal à 2% du PIB, prévu par la loi budgétaire, ayant été révisé à 2,4%, constituent certes des facteurs favorables, mais ne permettent pas denvisager une reprise ferme. LOCDE prévoit ainsi une croissance du PIB italien de 1,4% cette année et de 2,2% lannée prochaine. Cette accélération serait imputable à la seule consommation privée, soutenue par la progression du revenu disponible.
Le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances retient lhypothèse dune croissance de 1,3% pour 1999 et 2,3% pour 2000.
Le niveau du redémarrage en Allemagne et en Italie est considéré comme un facteur dincertitude susceptible daffecter le cur de la zone euro pour le deuxième semestre de 1999 et pour lannée 2000.
Un autre élément dincertitude est celui du taux de change de leuro. Certains observateurs suggèrent que la baisse de son cours depuis le 1er janvier 1999, de 1,17 dollar à presque 1 dollar en septembre, pourrait avoir provoqué, auprès des investisseurs internationaux, une certaine défiance et entraîner, de la part de la Banque centrale européenne, un relèvement de ses taux plus rapide que celui qui devrait normalement être opéré au vu de la reprise de la croissance et donc dans le cadre dun retour à une politique monétaire moins souple. Il nest pas inintéressant de noter que cette défiance provient en partie de linquiétude des milieux économiques internationaux visàvis du rétablissement de la situation en Allemagne.
Enfin, il ne faut pas, naturellement, mésestimer les conséquences dune éventuelle correction boursière aux Etats-Unis, qui affecterait la demande extérieure. Cependant, dune manière symétrique, un redressement plus rapide de léconomie britannique ou des économies asiatiques apporterait un soutien supplémentaire à la reprise de lactivité.
Si le cas des économies asiatiques sera examiné ci-après, votre Rapporteur général se doit de rappeler ici que léconomie du RoyaumeUni, qui nappartient pas à la zone euro, a connu un fort ralentissement en 1998, puisque le taux de croissance est passé de 3,5% en 1997 à 2,1%. Ce ralentissement a été très marqué à la fin de lannée 1998. Il faut y voir non seulement leffet de la crise asiatique et de la crise russe, ainsi que de la forte appréciation de la livre sterling à partir de lannée 1998, mais également la conséquence du dosage restrictif des politiques monétaire et budgétaire progressivement mis en uvre dès le milieu de lannée 1997. Linvestissement est cependant resté soutenu, tandis que la consommation privée sest légèrement ralentie.
Pour la fin de lannée 1999, lassouplissement de la politique monétaire, progressivement opéré par la Banque dAngleterre, qui a graduellement ramené le taux des prises de pension de 7,5% à 5%, doctobre 1998 à mai 1999, et celui de la politique budgétaire, avec le retour à un léger déficit public pour le budget 1999/2000 après un exercice excédentaire, devraient favoriser le redémarrage de la croissance. Après la publication de plusieurs résultats favorables à la fin du mois daoût et au début du mois de septembre, notamment une progression de la consommation des ménages de 4%, lobjectif de croissance avancé par le Gouvernement britannique pour cette année, compris entre 1,5% et 2%, est jugé réalisable, malgré la stagnation constatée au début de lannée. Aussi, la Banque dAngleterre, jugeant la reprise suffisamment ferme, a-t-elle relevé de 0,25% son taux directeur, revenu à son niveau davril, soit 5,25%.
On observera que les dernières prévisions de lOCDE pour le Royaume-Uni tablent sur une croissance de 0,7% en 1999 et 1,6% en 2000, estimations qui semblent maintenant quelque peu pessimistes. Celles retenues par le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances sont plus optimistes, avec une croissance de 1,3% en 1999 et 2,4% en 2000.
4.- Une situation encore très difficile au Japon
Depuis le début de la décennie, léconomie du Japon est atone, à lexception dun rebond en 1996 (+5,1%). Après une croissance modeste en 1997 (1,4%) le pays sest enfoncé dans la récession en 1998, le PIB ayant diminué de 2,8%.
Lensemble de la demande sest contractée, la consommation privée diminuant de 1,1% et la formation brute de capital fixe de 8,8%, en raison notamment dune baisse de 13,7% pour les investissements résidentiels, avec une tendance déflationniste. Le chômage a augmenté, pour sétablir à 4,1% de la population active, et le taux dutilisation des capacités de production sest dégradé. Cette récession a essentiellement affecté la production industrielle, qui a chuté de 6,8%, comme le rappellent les Perspectives économiques de lOCDE publiées en juin 1999. Cette situation est généralement expliquée par le pessimisme des agents économiques, lampleur des surinvestissements passés et le tarissement de loffre de crédit par les banques dans le cadre dune politique de sélection rigoureuse des signatures, en réaction contre les comportements passés, qui se sont traduits, après léclatement des bulles financières et immobilières et, ultérieurement, la crise asiatique, par un gonflement considérable des créances douteuses. Les faillites spectaculaires de trois grandes institutions financières à lautomne 1997 ont, en effet, débouché sur une crise de liquidité, un mouvement de défiance à légard des banques et lapparition dune prime de risque, le « Japan premium » pour les emprunts des opérateurs japonais sur le marché interbancaire national et international. Au chapitre des facteurs externes, il faut également mentionner quen raison de la récession dans les pays émergents dAsie, les exportations ont chuté de 1,2% en 1998.
Cest au cours du second semestre de 1998 que la situation a été la plus difficile : on estime que léconomie japonaise a alors « touché le fond ».
Les pouvoirs publics ont mené, en réaction, des politiques budgétaire et monétaire expansionnistes. Dune part, les deux plans de relance budgétaire lancés en 1998 ont porté sur des montants considérables, à raison de 17.000 milliards de yens, soit 3,3% du PIB, pour celui davril, et de 24.000 milliards de yens, soit 4,7% du PIB, pour celui de novembre. On considère que les premiers effets positifs de cette politique expansionniste se sont manifestés dès lautomne 1998. Le budget pour lexercice 1999 est lui aussi expansionniste. Selon lOCDE, le déficit des administrations publiques se serait établi à 6% lan dernier et pourrait dépasser 8,75% cette année. Le rapport de la dette publique au PIB est ainsi passé de 60% en 1993 à plus de 110% cette année, en raison des différents plans de relance. Dautre part, la politique monétaire a été conduite de manière à lutter contre les tendances récessionnistes. Les taux dintérêts ont été réduits le plus possible, la Banque du Japon ayant décidé, au mois de février 1999, de porter le taux interbancaire au jour le jour au-dessous de 0,1%. Ce taux est actuellement de 0,03%. Les modalités de refinancement des banques auprès de la Banque du Japon ont également été assouplies. Enfin, pour lutter contre le rationnement du crédit, un nouveau dispositif public de stabilisation du système bancaire a été adopté au début du mois doctobre 1998, en complément des mesures prises antérieurement. Ce plan est articulé autour de trois axes : un dispositif de traitement des banques au bord de la faillite, une recapitalisation publique des banques en fonction de leur situation financière, un renforcement des règles de supervision du secteur financier. Une enveloppe de 60.000 milliards de yens, soit léquivalent de 12% du PIB, a été prévue, dont un peu moins de la moitié pour renforcer les fonds propres des banques.
Néanmoins, malgré un rebond de lactivité au premier trimestre, avec un taux de progression du PIB de 2%, la croissance redémarre difficilement au Japon. Le deuxième trimestre a été marqué par une très faible croissance (0,2%). Celle-ci pourrait, selon le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances, sétablir à 1% pour 1999 et lannée 2000 ne devrait pas voir de reprise significative de lactivité (+ 0,1%), notamment en raison de la fin des effets des actions de relance budgétaire.
Le FMI, pour sa part, a prévu en septembre 1999 une croissance de 1% cette année et de 1,5% lan prochain. Cependant, malgré ces divergences, on constate un consensus sur le fait que léconomie japonaise resterait déprimée dans les prochains mois.
La demande privée demeure, en effet, peu dynamique, notamment les investissements, en raison de surcapacités de production importantes, lAgence de planification économique estimant que les capacités excédentaires représentent léquivalent dune année entière dinvestissements. Par ailleurs, la politique monétaire sest heurtée au contexte de baisse de prix, ce qui fait que les taux réels ont gardé un niveau non négligeable. En outre, on a observé une légère tension sur les taux longs, qui sont remontés à 2%, alors quils sétablissaient à 0,7% à lautomne dernier, en raison de linquiétude sur les conséquences à terme de lampleur de leffort budgétaire. Enfin, le haut niveau du yen, à raison de 110 yens pour un dollar, nuit à la compétitivité de léconomie japonaise, qui reste cependant très fortement exportatrice.
En dépit de ces difficultés, lavenir économique du Japon séclaircit pour le moyen terme, labsorption des conséquences des « bulles » spéculatives étant pour lessentiel réalisée et les restructurations en cours devant contribuer à redynamiser non seulement le système financier, mais également lindustrie de larchipel.
5.- Le retour inégal de la croissance dans les pays émergents
La crise des pays émergents, dont le premier symptôme sest manifesté en juillet 1997 en Thaïlande, sest largement diffusée à lAsie en 1997, puis à la Russie en 1998, ce qui a provoqué la chute généralisée des marchés financiers à lautomne dernier. Elle a ensuite gagné lAmérique latine, atteignant son paroxysme lors de la crise du Brésil en janvier 1999 avec la dévaluation du real. Partout, le scénario a été le même : la défiance des opérateurs, fondée sur une révision à la baisse des anticipations de croissance des pays concernés, a provoqué un retrait massif des capitaux, et, ainsi, un effondrement des marchés financiers puis, par transmission de ces effets dépressifs de la sphère financière à la sphère réelle, une forte récession. La gestion de ces crises, notamment, laction du FMI, ayant été efficace, on peut considérer, ainsi que la précisé la Note de conjoncture internationale établie par la direction de la prévision en juin dernier, que « pour une bonne part, la crise des pays émergents semble passée ».
Néanmoins, ce diagnostic ne sapplique pas uniformément à lensemble des économies émergentes. Si les pronostics relatifs aux pays de lAsie du SudEst et dEurope centrale peuvent être assez optimistes, il convient de rester plus réservé, à des degrés divers, pour la Chine, lAmérique du Sud et, naturellement, la Russie.
En outre, il faut tenir compte de ce quun éventuel échec des restructurations industrielles et financières en cours pourrait remettre en cause les perspectives favorables de chacun des Etats concernés.
a) La reprise de lactivité dans les pays émergents dAsie
La phase la plus aiguë de la crise asiatique a été maîtrisée avec laide de la communauté internationale, et notamment du FMI. Les moyens mis en uvre ont été considérables et se sont élevés à plus de 110 milliards de dollars. Les plans de redressement ont certes été dune architecture classique, fondés sur un durcissement des politiques budgétaire et monétaire, plus ou moins prononcé selon les pays dans un premier temps et sur une flexibilité des changes. Ils ont cependant eu le grand mérite de traiter également les faiblesses structurelles du « modèle asiatique » en prévoyant, notamment, une restructuration et une recapitalisation du système financier, un durcissement du cadre prudentiel et un renforcement des contrôles, une modernisation comptable, ainsi quune libéralisation de léconomie. Leffet de ces plans est très encourageant. Il a dailleurs conduit à restaurer la confiance des investisseurs internationaux, puisque lon a constaté un certain retour des capitaux vers ces pays.
Pour cette année, la perspective dévolution de léconomie des pays émergents dAsie a pu être rectifiée de manière significative par la direction de la prévision dans le cadre de la Note de conjoncture internationale de juin dernier, passant dune récession de 0,3% à une croissance de 2% ().
En Corée, lannée 1998 a été marquée par une forte récession : le recul du PIB a été de 5,8%, en raison de la raréfaction du crédit et de la contraction de 19% de la demande intérieure, avec un vaste mouvement de déstockage.
Pour 1999, les perspectives de croissance sétablissent à 4,8% selon la Note de conjoncture internationale de la direction de la prévision () et 4,5% daprès lOCDE, léconomie connaissant en effet une reprise pour des raisons en partie techniques, par le seul effet dun ralentissement du déstockage, alors même que la consommation reste stable. Pour 2000, lOCDE prévoit une croissance de lordre de 4,3%. Il est difficile de se prononcer avec sûreté sur la valeur de cette estimation, tant limportance de la reprise de léconomie coréenne dépendra de la consommation et de linvestissement privés, de la restructuration du système bancaire et de labsorption des créances douteuses. La situation de la Corée apparaît très vulnérable, car elle dépend aussi de la manière dont la restructuration des conglomérats (les « chaebols ») pourra être menée à terme. Le principal dossier est celui de Daewoo, dont la dette représente quelque 50 milliards de dollars et qui ne semblait pas encore réglé à la miseptembre.
Le schéma est sensiblement le même pour lensemble des économies émergentes du Sud-Est asiatique, mais avec un rythme variable. La croissance devrait ainsi reprendre de manière assez forte à Singapour et aux Philippines. Les perspectives sont relativement encourageantes pour la Malaisie. Toute hypothèse de reprise paraît, en revanche, éloignée en Indonésie.
Lévolution des différents pays dAsie du SudEst dépend en outre dun facteur externe : la situation en Chine, et une éventuelle dévaluation de la monnaie de Chine continentale, le renmimbi, et du dollar de Hong Kong.
b) Lévolution incertaine des économies chinoises : Chine continentale et Hong Kong
La situation de la République populaire de Chine apparaît contrastée : la croissance, qui sest fortement ralentie, est soutenue par linvestissement public en Chine continentale ; Hong Kong est en récession.
Léconomie de la Chine continentale est soutenue par linvestissement public, ainsi que par une politique monétaire souple. Ce dosage a assuré le redressement de la croissance en 1998, (+7,8%), alors que celle-ci avait fléchi à 7% en 1997. On rappellera que les taux antérieurs étaient de lordre de 9% à 10%.
Pour 1999, la dépense publique constitue encore le moteur essentiel de la croissance. La consommation est atone, dans un contexte où les restructurations de lappareil productif engendrent un chômage important et où certaines réformes sociales favorisent la constitution dune abondante épargne de précaution. Le développement des exportations est handicapé par les pertes de compétitivité intervenues à la suite des réajustements monétaires opérés, pendant la crise asiatique, dans les pays voisins. Linvestissement nest guère dynamique compte tenu de lampleur des surcapacités actuelles. Les investissements étrangers sont en net recul.
Les effets directs du programme de relance budgétaire devant cesser en 2000, la croissance sera alors plus dépendante dune reprise de la consommation privée et de linvestissement, ce qui montre lampleur de lincertitude actuelle sur lavenir de léconomie chinoise.
A Hong Kong, la récession a été marquée en 1998, avec une réduction du PIB de 5,1%, alors que la croissance avait été de 6,7% en 1997. Les économistes anticipent pour cette année une prolongation de la récession, avec une évolution négative du PIB de 1%.
Si le secteur financier demeure solide, les perspectives de reprise sont très aléatoires compte tenu de lincertitude pesant sur la situation économique de la Chine continentale, ainsi que de labsence de contrôle des autorités sur les taux dintérêt (le dollar de Hong Kong est en effet ancré au dollar américain dans le cadre dun système de caisse démission) et de la perte de compétitivité liée à la dépréciation des monnaies des pays voisins. Ce dernier élément est pénalisant dans un contexte où la baisse des prix provoque, dune manière mécanique, une progression des taux dintérêt réels.
Une éventuelle dévaluation des monnaies chinoises, le renmimbi et le dollar de Hong Kong, représente un facteur dincertitude pour la croissance des économies des pays émergents voisins. Cependant, selon la simulation présentée par lOCDE dans le cadre des Perspectives économiques de juin 1999, un réajustement de 20% des deux monnaies aurait une incidence faible ou modérée sur la croissance des économies de la zone OCDE, même dans lhypothèse où il serait accompagné de dévaluations de 10% dans les autres économies dynamiques dAsie et en Corée, ce qui tempère lopinion selon laquelle laffaiblissement de léconomie chinoise devrait être considéré comme un risque majeur pour léconomie mondiale.
c) Des possibilités de reprise dès 2000 en Amérique latine
En 1998, la crise des pays émergents a gagné lAmérique latine, et la croissance sest fortement ralentie, passant de 5,4% en 1997 à seulement 2,3%, en moyenne. Pour 1999, la zone devrait connaître une récession, de lordre de 1,3% selon le rapport économique, social et financier annexé au présent projet de loi de finances.
Il faut dabord y voir les conséquences de la crise financière qui a affecté le Brésil au mois de janvier, avec une dépréciation de 30% du real entre la mijanvier et la mimars, ce qui a aggravé la récession déjà latente depuis lété 1998. On observera que cette crise est intervenue malgré lintervention dun plan préventif, sous légide du FMI, dun montant de 41,5 milliards de dollars en novembre 1998. LOCDE a ainsi prévu une récession de 3% cette année.
Cette situation a beaucoup affecté lArgentine, principal partenaire commercial du Brésil, qui devrait subir une récession de 3% cette année après une croissance de 4,2% en 1998 et 8,6% en 1997. Cette conjoncture alimente dailleurs la réflexion sur une éventuelle « dollarisation » de léconomie du pays, dans le cadre dun traité spécifique.
Une reprise pourrait cependant intervenir dès 2000, avec un retour à la croissance au Brésil (+2%) et en Argentine (+2,5%). Le rapport économique, social et financier précité anticipe une croissance de 2,2% pour lensemble du continent.
d) Les difficultés de léconomie russe
Léconomie russe a connu une forte contraction en 1998, de 4,6% selon lOCDE, la crise financière du mois daoût sétant accompagnée dune paralysie presque totale du système des paiements.
Pour 1999 comme pour 2000, les perspectives restent incertaines même si la production donne quelques signes de reprise. LOCDE envisage une réduction du PIB de 1% cette année et une reprise de la croissance avec 2% lan prochain. Moins optimiste, le FMI anticipe une récession de lordre de 2% cette année et na pas fait de prévision pour lan prochain.
On ne peut quêtre prudent tant la situation du pays demeure incertaine. Si linflation sest ralentie, après la phase dhyperinflation qui a accompagné la crise financière de lannée dernière, la Russie ne semble pas sorienter vers les réformes structurelles qui seraient nécessaires pour quune croissance robuste puisse être attendue, au premier rang desquelles figure la capacité de lEtat fédéral à percevoir les impôts, à équilibrer le budget, à contenir laugmentation de la dette extérieure, en grande partie libellée en devises, et à assurer à linitiative économique la sécurité permettant à des véritables entrepreneurs dexercer leurs talents.
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Tandis que linvestissement international paraît séclaircir, sous réserve de lincertitude majeure affectant lévolution de léconomie des Etats-Unis dAmérique, lEurope qui, avec la mise en place de leuro, se réapproprie son destin, assure un dosage équilibré, favorable à la croissance, des politiques budgétaire et monétaire.
B.- UN DOSAGE ÉQUILIBRÉ DES POLITIQUES BUDGÉTAIRE
ET MONÉTAIRE
Avec lavènement de leuro, lEurope à onze pour linstant redécouvre les moyens dune autonomie et dune maîtrise de son évolution économique quelle avait largement perdues. Les progrès en matière de déficits publics, qui nétaient pas acquis davance il y a seulement deux ans, sont réalisés le plus souvent dans le cadre de la mise en uvre de politiques budgétaires évitant tout traumatisme ; ces progrès, de même que les succès obtenus dans la lutte contre linflation doivent écarter, au moins dans limmédiat, la perspective dun « tour de vis » monétaire.
1.- Une poursuite de lassainissement financier qui ne doit pas contrarier la croissance
a) Une réduction des déficits publics plus progressive
Depuis le milieu des années 1990, les Etats membres de lUnion européenne ont considérablement accentué leurs politiques dassainissement budgétaire, principalement dans la perspective de la réalisation de la monnaie unique. Après avoir culminé à 6,1% du PIB en 1993, le besoin de financement moyen au sein de lUnion a été réduit de 4,1% à 2,3% du PIB entre 1996 et 1997, les efforts ayant été particulièrement marqués à ce moment, puis à 1,5% en 1998.
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BESOIN (-) OU CAPACITÉ (+) DE FINANCEMENT DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES
(en % du PIB)
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1996
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1997
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Estimations 1998
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Prévisions
1999
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Scénario politiques inchangées 2000
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Belgique
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3,1
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1,9
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1,3
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0,9
|
0,6
|
Danemark
|
0,9
|
0,4
|
0,8
|
2,8
|
2,9
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Allemagne (a)
|
3,4
|
2,7
|
2,1
|
2,2
|
2,1
|
Grèce
|
7,5
|
- 3,9
|
2,4
|
2,1
|
1,9
|
Espagne
|
4,5
|
2,6
|
1,8
|
1,6
|
1,3
|
France
|
4,1
|
3,0
|
2,9
|
2,4
|
2,0
|
Irlande
|
0,3
|
1,1
|
2,3
|
2,5
|
3,1
|
Italie
|
6,6
|
2,7
|
2,7
|
2,3
|
2,1
|
Luxembourg
|
2,8
|
2,9
|
2,1
|
1,5
|
1,4
|
Pays-Bas
|
2,0
|
0,9
|
0,9
|
1,6
|
1,3
|
Autriche
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3,7
|
1,9
|
2,1
|
2,0
|
1,9
|
Portugal
|
3,3
|
2,5
|
2,3
|
2,0
|
1,7
|
Finlande
|
3,1
|
1,2
|
1,0
|
2,5
|
2,7
|
Suède
|
3,5
|
0,7
|
2,0
|
0,3
|
1,8
|
Royaume-Uni
|
4,4
|
1,9
|
0,6
|
0,1
|
0,1
|
Union européenne
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4,1
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2,3
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1,5
|
1,5
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1,3
|
Eur-11
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4,1
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2,5
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2,1
|
1,9
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1,7
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(a) Hors reprise de dettes et dactifs liés à lunification par le Gouvernement fédéral en 1995 (Treuhand, sociétés immobilières est-allemandes et Deutsche Kreditbank), représentant un total de 27,5 milliards de DM.
Source : Commission des Communautés européennes.
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Selon la Commission européenne, alors que jusquen 1996-1997, lassainissement résultait avant tout de mesures structurelles, lessentiel des progrès enregistrés lan dernier est imputable à une croissance plus forte que prévu et à la baisse des paiements dintérêts liés à la dette publique. Par ailleurs, on peut constater que, par rapport à lensemble de lUnion, le déficit moyen des pays de la zone euro est plus important (2,1% du PIB en 1998) et quil a diminué plus lentement lannée dernière.
La Banque centrale européenne (BCE) effectue la même analyse des évolutions en notant qu « en 1998, seule une croissance économique vigoureuse qui sest traduite par un taux de croissance du PIB réel significativement supérieur au taux de croissance tendanciel a contribué à une baisse supplémentaire du déficit, tandis que la composante structurelle du ratio de déficit marquait même une légère dégradation » ().
En ce qui concerne les prévisions pour 1999, la Commission européenne relève une croissance plus lente et des efforts dajustement budgétaire relativement modestes, qui devraient se solder, au niveau de lUnion, par le maintien du déficit moyen à 1,5% du PIB (). Les données présentées pour 2000, selon le scénario dit des |