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Communiqués de presse de la délégation de l'Assemblée nationale
aux droits des femmes
et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

 

  • Communiqué de presse du 16 octobre 2008

    Les femmes et leur retraite : rapport d’information de Mme Claude Greff, députée,
    au nom de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, n° 1028

    Une femme touche en moyenne une retraite inférieure de 38 % à celle d’un homme (1 020 euros contre 1 636 euros pour les hommes pour 2004) ; 3 femmes sur 10 doivent attendre l’âge de 65 ans pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein.  

    Les inégalités de retraites entre les femmes et les hommes sont le résultat des inégalités de salaires et de carrières. Les effets en ont été amplifiés par la réforme des retraites de 1993. Quand la carrière a été incomplète, interrompue, et l’activité exercée à temps partiel, ce qui sont des spécificités des carrières féminines, les conséquences sont très pénalisantes. 80 % des salariés à temps partiel sont des femmes qui cotisent en conséquence sur des montants de salaire très faibles.

    Les femmes qui vont accéder à la retraite dans les 10 à 15 années à venir, qui ont souvent peu ou pas travaillé, qui se retrouvent souvent seules, seront confrontées à une situation économique précaire. La croissance du taux d’activité des femmes, contribue à améliorer la situation des générations futures mais sans faire disparaître les écarts hommes/femmes, même à l’horizon de 2030, en raison des effets des interruptions de carrière et du temps partiel qui perdurent.  

    La délégation aux droits des femmes souhaite mettre ce constat en avant afin que la question des pensions des femmes soit prise en compte dès lors que l’on parle de réforme des retraites

    Le projet de loi de financement de la sécurité sociale  pour 2009 apporte une réponse positive par la revalorisation du minimum vieillesse et des pensions de réversion. Ceci ne dispense pas d’apporter des correctifs aux conséquences des spécificités des carrières des femmes, notamment en prenant mieux en compte les périodes d’interruption d’activité pour s’occuper des enfants. Enfin, l’impératif de garantir aux femmes des retraites suffisantes ne doit pas être perdu de vue dès lors que l’on étudie la réforme des avantages familiaux et conjugaux qui pèsent pour une part très importante dans la garantie du niveau de vie des retraitées.
     

                   Claude GREFF, rapporteure                     Marie-Jo ZIMMERMANN, Présidente

    [Consulter le rapport et les recommandations de la délégation]

     

     

  •  Communiqué de presse du 20 novembre 2007

    En vue de la Conférence tripartite sur l’égalité professionnelle et salariale du 26 novembre 2007

    La délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale a dressé le constat selon lequel, malgré un arsenal législatif qui fournit des outils adaptés à la poursuite de l’objectif d’égalité professionnelle entre les hommes et femmes, les inégalités professionnelles et salariales persistent.

    L’écart de salaire horaire entre les hommes et les femmes est évalué à 19 %. Il provient d’inégalités dans le déroulement des carrières, affectées notamment par les interruptions et un recours bien plus important au temps partiel. Les femmes sont aussi plus présentes que les hommes dans les professions les moins rémunératrices et souvent avec les statuts les plus précaires. Une fois écartées ces causes structurelles des inégalités, il demeure encore entre les hommes et les femmes un écart salarial de 11 %.

    Malgré les obligations faites aux partenaires sociaux de négocier sur ces questions, il apparaît que ceux-ci ne se sont pas encore pleinement saisis d’un enjeu qui, trop souvent, n’est pas regardé comme prioritaire.

    La délégation se félicite donc de la tenue de la Conférence sur l’égalité professionnelle et salariale, lundi 26 novembre, qui doit être l’occasion de relancer et d’encourager le processus de négociation, tout en définissant les adaptations nécessaires et en prenant des initiatives nouvelles.

    En vue de cette Conférence, elle adopté 10 recommandations qui ont été adressées au ministre du travail , des relations sociales et de la solidarité.

     

    Recommandations adoptées par la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale en vue de la Conférence sur l’égalité professionnelle et salariale

    1. L’objectif principal doit être l’application effective des lois existantes dont le socle est constitué par la loi de 2001 relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, telle que modifiée en 2006. Il n’est pas souhaitable d’adopter une nouvelle législation d’ensemble sur l’égalité professionnelle qui ne ferait que retarder encore la réalisation de l’égalité homme/femme dans le monde du travail.

    2. Par contre, une forte action d’information et de mobilisation sur les règles applicables en matière d’égalité professionnelle devrait être menée auprès des chefs d’entreprise, des syndicats de salariés et des organisations professionnelles en dégageant les financements nécessaires pour y procéder. A cet effet, et en appui aux PME, le réseau des chambres de commerce devrait être mobilisé et l’objectif d’égalité professionnelle réaffirmé au sein des missions des délégations régionales et départementales aux droits des femmes.

    3. Les indicateurs pertinents sur lesquels repose l’élaboration du rapport de situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation, sont un outil essentiel d’appréciation de la situation existante dans l’entreprise. Ces indicateurs, éventuellement précisés pour faciliter leur mise en œuvre, doivent rester le socle de la mesure de cette situation. Par ailleurs, le rapport de situation comparée devrait systématiquement contenir des éléments d’analyse et non seulement des données brutes.

    4. L’obligation de suppression de l’écart de rémunération instauré par la loi de 2006 doit être conçu par les partenaires sociaux comme une mesure d’équité sociale corrigeant une situation inégalitaire persistante et non comme un « bonus » attribué aux femmes dans l’entreprise qui viendrait amputer les augmentations salariales des hommes. La circulaire d’application pourrait apporter des éléments d’aide à la négociation sur ce point.

    5. Il conviendrait de renforcer et de mieux faire connaître les incitations à agir vers la recherche de l’égalité au travers des crédits du FSE, des contrats pour l’égalité professionnelle et la mixité des emplois, du crédit d’impôt famille pour que ces dispositifs soient mieux mobilisés.

    6. Une sanction pénale en cas de manquement à l’obligation de négociation sur l’égalité professionnelle au niveau des branches devrait être prévue, à l’image de ce qui existe pour les négociations en matière de formation professionnelle.

    7. Il est nécessaire de parvenir à une véritable effectivité des sanctions existantes en cas de non respect de l’obligation de négociation par l’employeur, notamment en mobilisant plus fortement l’inspection du travail sur ces objectifs.

    8. Plus généralement, il faut agir sur l’évolution des mentalités et le développement des aides à la famille, la maternité restant un point de rupture dans le déroulement de la carrière des femmes, par la recherche d’une meilleure articulation des temps de vie et l’organisation de services sur les territoires.

    9. Le travail à temps partiel doit faire partie intégrante de la réflexion sur l’égalité professionnelle en prenant particulièrement en compte les temps partiels portant sur un petit nombre d’heures et les problèmes posés par seuils d’ouverture des droits aux assurances maladie, maternité, invalidité ou accidents du travail. Par ailleurs, une meilleure information devrait être diffusée sur ses conséquences du temps partiel en termes de déroulement de la carrière et de retraite. Enfin, les partenaires sociaux devraient être fortement incités à inclure dans les conventions collectives de branches une clause d’application systématique de la possibilité ouverte par la loi du 21 août 2003 permettant aux salariés à temps partiel de surcotiser pour leur retraite.

    10. Les conférences sur la fonction publique, et notamment celle sur les parcours professionnels  devraient être l’occasion d’une avancée sensible vers l’égalité homme/femme dans la fonction publique. Les femmes y sont, en effet, encore majoritairement absentes des emplois de direction. Une action exemplaire et visible de l’État en ce sens serait un signal fort pour tendre vers l’égalité professionnelle dans tous les secteurs d’activité.

     

  • Communiqué de presse du 7 novembre 2007

    Présidence française de l'Union Européenne en 2008 : garantir l'égalité entre les femmes et les hommes
     Rencontre de Marie-Jo Zimmermann avec le commissaire européen M. Vladimir Spidla

                 Mme Marie Jo Zimmermann, députée de la Moselle, présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale et Rapporteure de l'Observatoire de la parité, a été reçue par M. Vladimir Spidla, commissaire européen à l'emploi, aux affaires sociales et à l'égalité des chances le mercredi 7 novembre 2007, au siège du Parlement européen à Bruxelles.

               Considérant que la présidence française est l'occasion de promouvoir l'égalité des chances et tout particulièrement l'égalité entre les femmes et les hommes, cette rencontre a été l'occasion de souligner la feuille de route définie par le commissaire.

                Six domaines d'action prioritaires ont été définis pour 2006-2010 :
    - une indépendance économique égale pour les femmes et les hommes,
    - la conciliation de la vie professionnelle, familiale et privée,
    - la représentation égale dans la prise de décision,
    - l'éradication de toute forme de violence et de traite d'êtres humains fondée sur le genre,
    - l'élimination des stéréotypes de genre dans la société,
    - la promotion de l'égalité entre les sexes à l'extérieur de l'Union européenne.  

                Mme Zimmermann a mis en avant la nécessité de mettre en place un véritable suivi des politiques publiques d'égalité et de leur évolution- au travers d'un calendrier- ainsi que l'évaluation de leurs effets concrets.

                 A été soulevée l'importance de la mise en place d'une campagne de communication qui permettra aussi bien d'informer les femmes de leurs droits, qu'aux hommes de s'investir dans la sphère privée, Mme Zimmermann ayant insisté sur les risques d'une vision trop restrictive des politiques d'égalité des chances qui ferait l'économie d'une approche intégrée de l'égalité entre les femmes et les hommes, dans tous les domaines possibles de discrimination : âge, handicap, orientations sexuelles, origine sociale, ethnique, orientations sexuelles, religion.


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